les insectes auxiliaires

Pourquoi poser des nichoirs et abris pour insectes ?                                                                                     

Les insectes ont besoin d’abris pour y construire leur nid, pour passer l’hiver ou simplement la nuit ou le jour. Un jardin naturel à la végétation sauvage variée et recelant de nombreux micro-milieux (bois morts, mousses, pierres, feuilles mortes, etc.) offre suffisamment d’abris. Il est alors superflu de poser des nichoirs.

Cette démarche se justifie dans trois cas :
- Si le milieu est déséquilibré,avec une ressource importante de nourriture mais peu de sites pour s’abriter ou nidifier. C’est fréquent en milieu urbain, où les jardins sont petits et souvent fleuris. La ressource en nectar est importante, mais les insectes qui s’en nourrissent manquent de sites de nidification.
- Si l’on veut artificiellement augmenter la densité de certains insectes. C’est le cas dans un potager cultivé de façon biologique, où le jardinier aura intérêt à attirer certains prédateurs ou parasites pour contrôler les déprédateurs de ses cultures.
- Si l’on veut pouvoir observer facilement certains insectes, qui sinon seraient très difficiles à repérer dans la végétation du jardin. C’est très utile dans le cadre d’activités de découverte.

Voici quelques nichoirs et abris simples à confectionner et très régulièrement occupés par les insectes.

Le pot perce-oreille :  Il s’agit d’un grand classique du jardin biologique. Son principe est simple: les perce-oreilles vivant la nuit et se réfugiant le jour dans des endroits sombres et frais, ils colonisent rapidement des pots de fleurs renversés remplis de foin (ou de paille) légèrement humide et peu tassé suspendus dans les endroits où ils sont nombreux. Gros mangeurs de pucerons, il n’y a qu’à déplacer au cours de la journée l’abri dans un arbre ou un parterre envahi de pucerons. Lorsque le problème est résolu, il suffit de remettre le pot à sa place primitive. C’est une manière efficace d’augmenter artificiellement le nombre de prédateurs des pucerons du jardin pour limiter leur population.

Pour que le système fonctionne bien, il faut que le bas du pot suspendu touche la végétation afin que les perce-oreilles puissent circuler facilement.

La bûche percée :

De nombreux insectes, en particulier des abeilles et des guêpes solitaires inoffensives, utilisent les galeries creusées dans le bois mort par les larves d’insectes xylophages (c’est-à-dire se nourrissant de bois). Une simple bûche de bois dur fendue en deux et percée de trous de différents diamètres, de 2 mm à 15 mm, est bien vite adoptée par ces espèces. Les trous ne doivent pas traverser le bois, sinon ils ne seraient pas occupés.
Des morceaux de bois de charpente de dimension convenable peuvent être utilisés, à condition qu’ils n’aient jamais été traités.
Il faut utiliser du bois dur (chêne, hêtre, charme, châtaignier…) et éviter les bois blancs ou de résineux (peuplier, pin, sapin…) qui gonflent à l’humidité.                                                                                                                                                                                                                                                                 
Ce nichoir se pose ou se suspend à proximité des parterres de fleurs, jusqu’à 2 m de hauteur, à l’abri des vents dominants.

La botte de tiges :

 Dans la nature, les tiges sèches creuses (graminées, ombellifères…) ou remplies d’une moelle tendre et facile à creuser (sureau, ronce, framboisier…) sont fréquemment occupées comme abris journaliers, pour l’hiver, ou pour nidifier. Il suffit de confectionner des bottes de 10 à 20 tiges de 20 cm de longueur environ en liant ensemble avec de la ficelle ou du fil de fer. Le bambou, solide, de diamètres variés et aux nœuds espacés, convient bien pour ce type de nichoir. Les tiges creuses doivent être bouchées à une extrémité ou en leur milieu pour être utilisées par les insectes. Il faut soit utiliser les nœuds naturels, soit tremper l’une des extrémités de la botte dans de l’argile délayée dans un peu d’eau. Les bottes peuvent être fixées par deux sur un petit piquet, l’une horizontale, l’autre verticale, et réparties dans les parterres de fleurs ou au potager.