Abris, hôtels, nichoirs : invitons les insectes au jardin !


 Le dernier numéro de Yo’yo vient de sortir. Ce gratuit pour la famille traite de société, de culture, d’environnement et de bien autres choses. Et parmi celles ci vous y retrouverez notre dernier article abordant un de nos thèmes de prédilection : les hôtels et nichoirs à insectes.                                                

 Une lecture qui vous permettra d’avoir quelques bonnes raisons de vous lancer dans la fabrication d’un de ces abris et d’avoir pour cela quelques astuces qu’on n’évoque jamais assez. Cet article (pages 18 et 19 et que vous retrouvez intégralement plus bas) est suivi d’un autre qui aborde les insectes d’une manière moins convenue (pages 20 et 21).

 L’utilisation des pesticides dans l’agriculture intensive, mais aussi les espaces publics et des milliers de parcs et jardins, la destruction des habitats (assèchement des milieux humides, déforestation, mono-culture,…),le réchauffement climatique et les diverses pollutions sont à l’origine d’une perte considérable de la biodiversité en général et des insectes en particulier.

Au sein de son jardin, chacun devrait se sentir alors en responsabilité vis à vis de la nature qui l’entoure.

Acte d’apparence modeste, la construction d’un abri à insectes contribue pourtant à lutter contre cette érosion de la biodiversité. Ce peut être même là un premier pas vers une démarche plus globale, si simple et évidente qu’on appelle le jardinage naturel ou biologique.

Nichoirs, hôtels, abris à insectes, ces sympathiques constructions fleurissent un peu partout dans les jardins, les parcs et se vendent maintenant dans les grandes enseignes. Devenus tendance, ont-ils pour autant un rôle et un intérêt véritables pour la biodiversité, notamment au jardin ?

Quel est l’intérêt d’un abri à insectes ?

Au sein d’un jardin un peu «trop aseptisé», la raréfaction d’ abris naturels que sont les bois morts, les

abri naturel

troncs et leurs écorces, les branches, les souches, les petites branches mortes sur les arbres sains, prive de nombreux insectes de nourriture, mais aussi de refuge ou encore de matière première.

Par ailleurs, les nouvelles constructions et les matériaux modernes n’offrent plus autant de possibilités pour la micro faune ( mais aussi certains petits mamiféres, oiseaux, chauve-souris,..) que les maisons d’antan.
L’érosion de la biodiversité qui en découle brise alors des équilibres naturels. Ce peut être là l’intérêt d’ un abri à insectes.

Certes, il n’est qu’un ersatz, un substitut, un palliatif, en définitive une imitation de ce que la nature offre. Il nous rappelle ce vers quoi un jardin, même un tant soit peu ordonné, devrait tendre; Un espace, certes un peu organisé, maitrisé,mais offrant un éventail de propositions (tas de pierre, un peu de bois mort, des friches aménagées, des haies, un sol couvert,…)

Parmi les insectes, il en est certains plus utiles encore au jardinier, appelés alors auxiliaires ; Recycleurs des déchets organiques, prédateurs de parasites et de ravageurs, mais aussi pollinisateurs, indispensables au cycle de reproduction de la majorité des fruitiers, des légumes et autres fleurs d’ornement. « Fixer » cette population d’auxiliaires conduit aussi à mettre en place des alternatives à des traitements délétères pour l’environnement et notre santé.

Autre intérêt enfin, un abri ou hôtel à insectes est un vecteur pédagogique, un poste d’observation privilégié, un moyen pour les parents et les grands-parents d’expliquer un cycle de vie aux plus jeunes. Ce peut être un moyen de lutter contre des peurs, des dégoûts irrationnels, des a-priori . C’est un projet souvent partagé en famille: construction, entretien, collecte des matériaux. Le tout pour un coût modeste !

Quels préalables avant de se lancer ?

 La construction d’un hôtel à insectes induit une démarche globale du jardin dit naturel ou biologique. Elle est indissociable par exemple de l’apport de nourriture, notamment celle fournie par la flore. Il ne sert à rien d’espérer attirer certains insectes s’ils n’ont pas grand-chose pour se nourrir aux alentours.

Un choix réfléchi de la flore de son jardin qui laisse de la place aux espéces indigénes, la volonté d’installer des haies vives, de préserver des petits espaces en friche, d’alterner les tontes après les floraisons sont autant de gestes garantissant d’offrir au plus grand nombre d’insectes de quoi se nourrir et s’installer durablement. Au passage, ils sauront sans le savoir, nous rendre des services inestimables.

Dans la longue chaîne alimentaire, on oublie trop souvent le lien étroit qui lie certains insectes à une famille des végétaux, voire même à une plante unique.

La plupart des chenilles qui donneront ces papillons qu’ on se désespère de voir disparaître de nos jardins, sont souvent inféodées à une plante spécifique, de par son odeur, sa couleur, sa forme, sa période de floraison, …etc. Raison pour laquelle le nom de chaque papillon est souvent associé à une plante (Azuré du serpolet, azurée des nerpruns, azuré des coronilles, etc,…).

A la crainte d’inviter par la même occasion quelques fâcheux nuisibles, on peut répondre que tout est une question d’équilibre, d’interactions ou chaque habitant du jardin assure un rôle.

Raison pour laquelle, il est important de ne jamais éradiquer définitivement la présence d’un nuisible. Le déséquilibre qu’on risque de créer provoquera tôt ou tard un retour de bâton. Sans pucerons, les coccinelles vont déserter durablement le jardin, favorisant ainsi à terme une invasion de pucerons les années suivantes.

Comment procéder ?

Il existe de nombreux ouvrages ou sites internet ou il est facile de trouver différents types de nichoirs spécifiques, mais il est avant tout important de respecter quelques règles de base.

Choix du support: Pour la carcasse du nichoir ou de l’hôtel et les divers logements qui seront aux contacts directs des insectes, il faut éviter les bois traités aux fongicides, aux insecticides ou encore autoclave, les bois lasurés (sauf les lasures aqueuses). Caisses et pallox sont souvent traités avec ces produits.

Les dimensions: Simple nichoir, petits ou grands hôtels, la profondeur doit être d’environ 10 à 30 centimètres et il est préférable que l’arrière soit fermé, voire même un peu isolé avec du papier journal, de la paille.

Les logements : Il faut privilégier les matières premières naturelles trouvées aux alentours (cannes, tiges creuses, coquilles d’escargots, pommes de pin,..). Pour le bois, il faut qu’il soit sec en évitant les résineux (pin, sapin, cyprès,..). Si c’est vraiment nécessaire, il est impératif d’utiliser des colles et des colorants naturels.

Communément un nichoir accueille une espéce d’auxiliaire, mais les hôtels doivent pouvoir en loger plusieurs aux tailles et aux formes très diverses. L’hôtel donc doit proposer des interstices de différentes dimensions. Un papillon ne passe pas dans le trou ou se faufile l’abeille. Les loges qui sont aménagées différement répondent à des besoins divers; Dans certains cas, elles sont un refuge pour la journée (ex : perce-oreille), parfois pour la nuit, mais aussi une niche ou des larves passeront plusieurs mois avant d’éclore au Printemps prochain (ex: abeille sauvage).

Pour autant cohabitation, ne veut pas dire mélanger les différents types d’hébergement; Ce qui pourrait créer des perturbations entre les locataires. Dans la nature, on se tient souvent à distance.

 On peut jouer avec les matériaux, les matières, détourner certains objets, être créatifs, sortir des modèles parfois un peut trop anthropocentrés (abris en forme de maison). Les bestioles n’y seront sans doute pas sensibles, mais en donnant à cet objet utile, un aspect très personnel, vous vous y attacherez, y serez plus attentif et transmettrez d’autant mieux des envies à d’autres jardiniers

L’emplacement : Solidement installé, l’abri va devoir affronter tous les temps et parfois toutes les saisons.

Réservez-lui une place au soleil et une exposition sud/sud- est, mais dans tous les cas, dos au vent dominant. Plutôt que le planter au milieu du jardin, il sera mieux protégé, adossé à un mur ou une haie. Ne le posez pas à même le sol et laissez dessous un espace pour la ventilation.

Il est important de prévoir un toit (tôle, tuile, ardoise, ..) pour le protéger des infiltrations d’eau, de la pluie, de la neige et de l’incliner légèrement sur l’avant.

Enfin si durant les périodes les plus froides on peut mettre à l’abri le nichoir ou les compartiments d’un hôtel, cela optimisera la survie des résidents.

L’entretien : Bien protégé et arrimé, il y a pas peu d’interventions particulières à faire si ce n’est de le consolider s’il se détériore ou après les éclosions, de remplacer une partie des cannes et tiges creuses.

Quelques auxiliaires

 Une huile naturelle comme l’huile de lin peut être une bonne protection, notamment pour la carcasse de l’abri.

Reste alors à inviter les insectes souhaités. Et là, il vaut mieux rester humble; Nous proposons et la nature dispose…ou pas. C’est parfois une question de patience.

La vie attirant la vie, les premiers insectes, en quête d’hébergement, vont vite repérer des ouvertures accueillantes. Ils produiront des déchets, une descendance, de la nourriture qui attireront tout un cortège d’espèces, les unes dépendant des autres. Un hôtel peut concerner de nombreuses espèces d’insectes, mais si le votre n’est pas aussi habitée que vous l’auriez souhaité, c’est peut être que votre jardin propose déjà suffisamment d’espaces propices.

Pour connaître tous les détails sur les matériaux à utiliser, pour quels insectes, leurs rôles au jardin, rendez-vous sur www.les-pimprenelles.com

N’hésitez pas à nous contacter pour avoir des informations complémentaires.

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